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La découverte d’un fragment de sculpture en réemploi

En 2009, un fragment de sculpture en calcaire local, utilisé en réemploi dans le mur d’un bâtiment du XIXe siècle (rue de poterie – quartier du Gravier), a été signalé. La sculpture, haute de 55 cm, prend la forme d’un visage d’homme barbu. De qui s’agit-il ?

Photographie L. Jeanne (droits réservés)

D’après Julien Deshayes, animateur de l’architecture et du patrimoine – Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin – il pourrait s’agir d’une production gauloise d’époque romaine. Le traitement des yeux aux orbites bien dessinées et aux pupilles recreusées au trépan, le dessin de la barbe, le modelé général du visage par des volumes assez amples sont autant d’options en ce sens.

Yvan Maligorne et Jean-Yves Eveillard, historiens, s’accordent pour identifier soit Bacchus, soit un membre de son thiase, de préférence Silène, représenté âgé et obèse.

La fraîcheur et les dimensions de la statue étonnent ; celles-ci semblent en effet plutôt désigner une statue de culte, ce qui est assez rare pour Bacchus, et jamais attesté pour Silène.

De fait, l’hypothèse d’un masque de théâtre, type de sculpture assez bien attesté dans le domaine funéraire puisqu’ils ornent les angles des enclos ou des monuments eux-mêmes, semble être privilégié par les deux chercheurs. Ces masques, de grandes tailles, limités à la tête, puisent souvent dans le répertoire dionysiaque, et sont platement rendus, ce qui correspond parfaitement avec les caractéristiques formelles de la sculpture de Valognes.

La présence d’un édifice de spectacle à Alauna nous amène à envisager une troisième hypothèse concernant l’intégration de cette sculpture dans le décor architectural. La thématique dionysiaque est en effet parfaitement adaptée au théâtre.

Lien vers l’article de Julien Deshayes – Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin